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Catherine Bréchignac à l'AEF : l'évolution du système de recherche proposée par Nicolas Sarkozy est "possible et cohérente"
29 janvier 2008
"J'ai trouvé le discours du président de la République positif,
puisqu'il veut faire bouger les choses. Les grandes lignes me
conviennent, pourvu que les évolutions soient effectuées dans la
concertation." C'est ce que déclare à l'
AEF Catherine Bréchignac,
présidente du CNRS, aujourd'hui, mardi 29 janvier 2008, suite à la
déclaration de Nicolas Sarkozy sur la recherche, hier, sur le campus
de l'université Paris-Sud (Paris-XI) (L'AEF n°90635). Il a notamment
indiqué vouloir placer les universités au cœur du système de recherche
français.
Pour Catherine Bréchignac, cette évolution est "possible et cohérente": "C'est une manière d'alléger le CNRS. Les universités auront en charge une partie de ce que nous avions. Cela ne me gêne pas du tout, puisque notre organisme conserve le pilotage national de la recherche, la visée internationale et l'excellence".
PILOTAGE DE LA RECHERCHE
En outre, "les universités ayant un ancrage régional, mais aussi une organisation nationale, notamment grâce à leurs réseaux de laboratoires, elles pourront agir à deux échelles très importantes". "C'est d'ailleurs comme cela que cela fonctionne dans tous les pays", commente la présidente du CNRS.
Interrogée sur la volonté affichée par Nicolas Sarkozy de renforcer le pilotage gouvernemental de la recherche française, Catherine Bréchignac répond: "Tout dépend de ce que l'on entend par 'pilotage gouvernemental'." "Comment s'effectue le pilotage d'une politique de recherche nationale? Dans tous les pays anglo-saxons, les idées viennent nécessairement de la base, remontent puis sont filtrées par le gouvernement, qui, en dernière instance, décide." "Dans cette organisation, notre rôle sera donc bien de faire remonter les idées, et le gouvernement tranchera", assure-t-elle.
CRÉATION DE CHAIRES CNRS
S'agissant des évolutions en matière de statut des chercheurs avancées par Nicolas Sarkozy, le CNRS a proposé au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche la création de "chaires CNRS". Il s'agirait de "postes communs aux universités et au CNRS, sur des contrats de 4 à 8 ans", réservés aux docteurs. Le chercheur serait payé par le CNRS, pour effectuer de la recherche à temps plein. Une fois son contrat achevé, il pourrait passer le concours pour entrer au CNRS, ou être recruté par l'université en tant qu'enseignant-chercheur. "Nous avons déjà éprouvé ce dispositif avec des industries, pour des thésards, et cela fonctionne", précise Catherine Bréchignac.
"Le ministère examine actuellement les modalités de sa mise en œuvre", poursuit-elle, ajoutant que "bien sûr, les universités étant désormais autonomes, personne ne sera forcé à mettre en place ce dispositif".
Contact: CNRS, Arnaud Benedetti, Directeur de la communication, 01 44 96 46 25
