J'avais envoyé sur la liste SLR débats, le 3 juin 2008, le message suivant:

Bonjour à tous,

Pour mieux cerner les problèmes de publications, j'aimerais savoir quels domaines sont concernés par

  1. le fait de payer pour être publié (dans des revues à comité de lecture)
  2. l'interdiction de mettre en accès libre des prépublications

(par exemple l'avant dernière version d'un texte publié)

Si vous êtes confrontés à ces problèmes pouvez-vous me l'indiquer ?

Le nombre des réactions montrent que le sujet intéresse et qu'une communauté a du mal à imaginer les comportements d'une autre concernant les publications.

Il y a deux extrèmes, d'un côté les sciences de la vie où publier coûte cher: le coût d'une page couleur (image transférée à partir du DVD ou CD fourni par l'auteur) est de 1000$. L'auteur ne peut diffuser en prépublication, la revue exigeant l'exclusivité, il cède ses droits à l'éditeur, l'abonnement coûte cher (voir en bas) et l'auteur n'a pas la version électronique de son article; il y a même des journaux où il faut payer pour être reviewé (et ce n'est pas remboursé si l'article est refusé). Coûts élevés en particulier dans Science, Nature, Cell, Neuron, J Cell Biol, Development. Cette pratique limite de façon évidente l'autonomie du chercheur.

Par contre la postpublication en archives ouvertes est possible après un délai d'environ 6 mois.

En sciences de la terre l'auteur paie aussi de même dans les sciences de l'atmosphère un papier de longueur moyenne revient autour de 600€ pour les revues de l'American Geophysical Union ou de l'European Geophysical Union, par contre c'est gratuit (pour l'auteur) chez Elsevier en mécanique des fluides c'est environ 15€ la page.

De l'autre côté, en mathématiques, en physique théorique, en informatique la publication est gratuite pour l'auteur et le dépôt des prépublications en Archives ouvertes est habituel. Par contre l'auteur cède souvent ses droits à l'éditeur, donc pas de postpublication.

En SHS il en est généralement de même, mais il y a des variantes: la publication est de plus en plus souvent payante en économie (tiens tiens) pour des revues anglo-saxones à fort IF*, le dépôt en Archives Ouvertes est parfois encouragé (linguistique..?). En archéologie les revues à fort IF sont payantes et (parce que ?) anglosaxonnes comme Science. Notons que se développe une pratique douteuse: en informatique, en littérature, la publication devient payante à travers les colloques. Ce sont des champs où les publications dans des actes de colloques sont valorisées et il faut payer pour être publié dans les actes du colloque où on s'est inscrit (par ailleurs la présence physique n'est pas toujours nécessaire).

Enfin en chimie la publication est aussi gratuite mais l'American Chemical Society, qui édite les Chemical Abstracts (abo 36 900€) ne reconnait pas les prépublications, cette pratique n'est donc pas développée. Ce qui compte pour un chimiste c'est d'être référencé dans les Chemical Abstracts.

Coût de l'abonnement annuel moyen à une revue :

IF=Impact Factor, l'Union Internationale des Mathématiciens a récemment dénoncé le fait de confondre le facteur d'impact avec la notoriété.

À noter que la notion de prix d'abonnement institutionnel devient de plus en plus floue : les prix se coupent en 'fees' et accès à multiplier par le nombre d'utilisateurs, ils sont pris dans des 'bouquets', de fait de nombreuses revues n'annoncent plus de prix sur leur site, comme Science...

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